Étape seconde
14/5/2009
Comme les autres ont précédemment discuté du séjour à Bordeaux, je vous entretiendrai, non sans plaisir, de la seconde étape de notre périple français; le festival des lycéeens d'Aquitaine.
Mardi, je ne sais trop lequel, le temps était déjà venu de quitter nos hôtes, David pour ma part. Donc à 8h30, je me réveille sur le divan de l'appart, les fourmis n'ont - heureusement- pas atteint mes chaussures, la douche fait du bien, les bagages sont fait en vitesse en on quitte. À la moitié du trajet, David me laisse aller à moi-même parce qu'il travaille dans une boutique qui est sur le chemin mais bon cela n'est pas très important, et on se fait le bise parce que c'est de circonstance, surtout en Europe. On fini par rejoindre le groupe, Marie-Ève et moi, et on part pour une version française d'arbre-en-arbre, qui est en fait son aïeul. J'ai mangé là le meilleur pique-nique de ma vie, avec du fromage et de la viande crue, du couscous et de la baguette. Soit-dit en passant, la baguette en France, tout le temps. Le jeu était super bien, assez amusant, en particulier faire peur à Marie-Ève ou Marie-Michelle. Le seul problème, c'est que ça ressemblait plus à Arbuste-en-arbuste. C'était pas très haut, mais bon, ne nous plaignons points, très agréable.
Par la suite, direction l'hôtel. Je ne sais pas très bien nous sommes dans quelle ville, et en fait cela importe peu parce que cela fait longtemps que je ne sais plus où je suis. Bon, nous arrivons avec les autres délégations étrangères, entre autres les allemands, qui ne parlent qu'anglais mais qui sont bien sympas, et les suédois, qui font du bruit.
Le lendemain, donc un jour de plus qu'hier, donc un jour de plus que le paragraphe d'avant, donc probablement le 14, même si je peux très bien faire erreur, nous nous dirigeons tous, avec les autres délégations étrangères, dans la ville médiévale de Périgueux. Nous faisons le tour pour finir en haut d'une tour comme dans les jeux de chevalier, toutes rondes. Le paysage est merveilleux, l'air est agréable, tranquille, empreint d'une teinte de respect et de sérénité. Les photos ont plu, mais elles viendront ici plus tard, désolé.
Par la suite, nous nous rendons enfin sur le site du festival d'Aquitaine à Marsac-sur-l'île (désolé pour l'ortographe barbare). Le festival n'est pas officiellement ouvert, mais nous faisons la découverte du site avec des bénévoles, très sympathiques soit-dit en passant, qui nous montrent les différentes installations des lieux. Pour vous faire une histoire courte, qui s'allonge déjà, nous sommes sur un immense terrain, rempli de différentes tentes, aussi énormes que blanches, qui recèlent chacune une partie du festival : écriture, théâtre - côté court, côté jardin - musique acoustique et électrique, télévision, etc. Le site est vraiment immense. La salle qui accueillera la cérémonie d'ouverture l'est d'autant plus.
Pour de certains gens, cette journée est synonyme d'agitation particulière. En effet, c'est aujourd'hui que les membres de « l'orchestre européen » se rencontrent pour mettre en commun leurs heures de pratiques. C,est aussi aujourd'hui que les tests de sons, d'éclairages et tout le tralala pour les spectacles se font. Pour notre part, nous faisons de l'improvisation, et il est bien difficile de préparer ce qui ne l'est fondamentalement pas.
Le soir ce fait quand même bien rapidement, et nous retournons dans l'autobus direction l'hôtel. Je dis dans l'autobus, parce qu'elle était une étape en soi. Nous avons calculé. cinq milles jeunes dans des autobus contenant en moyenne cinquante personnes, ça fait cent autobus, tous stationner en ligne. Le pire la dedans, et je vous le jure, nous étions la dernière de la file. Mais bon, les écouteurs sur les oreilles ont masqué bien rapidement le bruit des passagers bruyant, et la fatigue accumulée s'est occupé du reste.
Le jour J. 14 février 2009, nous arrivons sur le site du festival. Le spectacles d'ouverture a lieu à trois heures. Nous jouons à trois heures trente. Grâce à Jack Daniel, et à notre titre de délégation étrangère, nous pouvons entrer les premiers dans l'aréna, question de pouvoir sortir plus aisément par la suite. Nous n'avons en effet le temps que de voir et d'écouter – par dessus la foule – le début du spectacle qu'il faut quitter pour aller se préparer. La grisaille du ciel s'est mise de la partie, il fait froid, mais nous sommes quand même confiant. Ces avec une démarche assurée que nous parvenons à la tante où nous allons jouer, celle de la musique acoustique. Nous entrons par l'arrière, alors que l'arbitre est en train d'expliquer le fonctionnement et les règlements de l'improvisation. Pour vous dire comment elle peut être méconnue en France. Nous enfilons nos gilets à l'effigie du Cégep, puis l'échauffement autant physique que mental commence. Nous entrons dans la salle, question de voir les matchs qui nous précèdent. Là, toutes les autres équipes sont déjà en attentes, elles ont l'air confiantes, elles sont énormes, elles ont des gilets du festival. Je dois l'avouer, je me sens quand même intimidé par leur assurance et par leur
dynamisme. Cependant, Laurence est là et chante à tue tête et avec tellement de coeur que toute notre équipe s'y met, nous faisans oublier d'un coup les autres équipes et le stress. Jean-Pierre fait office de capitaine, car on stipule dans les règlements qu'il faut un capitaine accompagnateur. Dans les faits, c'est Olivier qui était nommé. Le premier match commence. Deux équipes française, nous jouons les prochains. Nous observons, questions de voir à quoi leur jeu pouvait ressembler. Oli remarque tout et nous faire part de certains points et nous donne des conseils. Le match prend fin, le quatuor chargé d'animer fait ce qu'il a à faire avec grand soin, la musique est excellente. On nous appelle, c'est notre tour.
Il peut y avoir deux cents personnes dans la salle. Il y a du bruit, il va falloir parler super fort, mais les gens se taisent. Les québécois sont intrigants. Nous prenons le côté gauche de la bande. Puis ça commence. Le match est court et confus. Les impros sont courtes, souvent mixtes, un solo, que Olivier exécute avec brio. Il s'extasie devant son nouveau grille-pain. Je débute une impro sans parole en tant que machiniste dans une usine. Les gens rient! C'est merveilleux. L'équipe adverse embarque, puis Cass, puis une autre de l'équipe adverse, et elle parle, et on fait tous le saut parce que c'est une impro sans parole. Cela fini on ne sait trop comment, mais pas une boucle. Ça se termine comme ça a commencé. Les gens applaudissent. Notre équipe a le point.
Ça continue comme ça un petit moment, mais pas long parce que les match étaient court. Le Québec gagna un truc comme 5 à 3.
Nous serrons la main à nos adversaires qui ne le sont déjà plus, le grand sourire aux lèvres des deux équipes. C'est un jeu, et l'important, c'est d'avoir du plaisir.
Nous avons à peine le temps de nous retirer que le prochain match commence. L'horaire a pris du retard.
Vers les cinq heures moins quart, le match des étoiles commence. Les québécois contre les meilleurs joueurs français mis ensemble. Les équipes avaient tous des gilets du festival mais de couleurs différentes, et ça fait un beau motif de l'autre côté de la bande.
Le match débute.
Encore la, comme dans une bataille, les détails sont confus. Je me rappelle des interventions tellement intelligentes d'Olivier. Il entre sur scène sur son cheval imaginaire qui galope. Un français entre et se met à coté de lui, le regarde. Olivier le regarde, interrogé, et s'exclame « Mais mon cheval fait du surplace! » Laurence joue magnifiquement bien. Dans cette même impro, qui avait comme thème les cowboys, elle s'est assise sur la bande, près d'un micro, et à jouer de l'harmonica tout au long. Belle présence, juste et à propos.
Le match est à peine plus long que les autres. Après quelques impros, c'est déjà la fin. Nous demandons à l'arbitre une impro supplémentaire. Nous voulions faire une impro « pure Québec », avec beaucoup d'accents et de nombreuses référence de chez nous, question de s'ennuyer un peu. Nous n'avions malheureusement pas eu l'occasion de la faire et cette dernière impro était notre dernière chance.
Une remarque en passant, nous avions tous pris l'accent français, sans trop nous en rendre compte. Il fallait être compris, et rapidement. Sans consultation, tous les québécois ont joué à la française, le temps d'un tournoi.
Cette dernière impro ne fut pas tout à fait ce que nous avions espéré. Le thème était « citoyen européen ». On a fondé beaucoup d'espoir sur l'union européenne. Je crois que c'est une bonne, et surtout une belle idée, d'unir un peu les citoyens de différents pays ensemble. On fait donc beaucoup de publicité sur cette nouvelle union. Mais bref, le thème tétant ce qu'il est, nous avons tenté de faire une histoire probablement trop compliquée pour ce que l'impro mixte peut supporter. En gros, nous voulions faire un québécois qui devenait européen et qui voulait oublier ses origines, mais que des personnages revenant de son anciennes vie le démasquaient. On a fait ce qu'on à pu. Ce fut tout de même comique.
Pointage finale : 4 à 4. Égalité.
Nous nous serrons encore une fois la mains. Le temps est plus à la fête qu'à la défaite ou à la victoire. Nous échangeons nos gilets avec les membres de l'équipe adverse. Pour avoir un souvenir. J'échange le mien pour un gilet violet qui appartenait à Marine. Elle sentait bon, le gilet aussi. Tous le monde a le sourire au lèvre. Moi aussi. La musique qui joue est franchement de bonne humeur. On discute d'impro, on se félicite, on se promet d'autres matchs pour le lendemain qui ne viendront jamais, faute de temps. La tension est tombée, je me sens léger, plein d'énergie. Comme un gars qui aurait gagné son pari.
On se retrouve juste entre nous pour le souper. Nous sommes heureux, sans trop savoir pourquoi. La victoire, peu importe. Connaître ces gens, avec les mêmes intérêts, jouer devant une foule, se donner à 110% sans savoir ce que ça va donner, voilà l'important.
Le deuxième et dernier jour du festival, le temps est affreusement gris. La pluie n'y va pas de main morte, la fatigue se fait sentir partout. La journé est assez courte de toute façon, nous avons à peine le temps de voir quelques trucs une pièce de théâtre, un bout de télé, une moitié de court métrage, que le temps est déjà venu de quitter le festival de lycéeens et apprentis d'Aquitaine.
C'est sous la pluie que les légions de jeunes ont regagnés, le coeur battant au même rythme que leurs chansons scandées, leurs petits bout de pays.
Nous, nous avons pris la direction de Bordeaux. Ce soir, nous soupons là-bas, avec les délégations étrangères, pour se dire au revoir. Demain, nous prenons l'avion pour la dernière escale de notre voyage, Paris.
Arrivé à Bordeaux, le soleil resplendissait de nouveau.
Catégorie :
Non spécifié
Ecrire un commentaire |
Print/Imprimer